L’essentiel à retenir
- L’infraction commence à 0,5 g/l de sang, et dès 0,2 g/l pour un permis probatoire.
- Selon la Sécurité routière, chaque verre standard fait monter le taux de 0,25 g/l en moyenne.
- Entre 0,5 et 0,8 g/l, la contravention coûte en général 135 € et 6 points.
- À partir de 0,8 g/l, le délit est puni de trois ans de prison et de 9 000 € d’amende.
- Depuis le 20 août 2026, refuser les vérifications d’alcoolémie expose aux mêmes peines de prison et d’amende.
- Après un accident responsable sous l’effet de l’alcool, l’assureur peut majorer la prime de responsabilité civile jusqu’à 150 %.
La réglementation de l’alcool au volant ne repose pas sur un nombre de verres, mais sur un taux mesuré dans le sang ou dans l’air expiré. Pour la plupart des conducteurs, la limite est fixée à 0,5 g d’alcool par litre de sang.
Au-delà, les conséquences dépendent du taux atteint. Une contravention se solde par une amende et un retrait de points ; un délit expose à la prison, à la perte du permis et parfois à la confiscation de la voiture.
Ces sanctions ont été durcies par la loi du 9 juillet 2025 sur l’homicide routier, puis par celle du 18 août 2026. Les seuils, eux, n’ont pas bougé.
Quel est le taux d’alcool autorisé au volant ?
Moins de 0,5 g d’alcool par litre de sang, soit moins de 0,25 mg par litre d’air expiré, pour la plupart des conducteurs.
L’article R234-1 du Code de la route abaisse ce seuil à 0,2 g/l, soit 0,10 mg/l d’air expiré, pour :
- les titulaires d’un permis probatoire ;
- les élèves conducteurs, y compris en conduite accompagnée ;
- les conducteurs de transport en commun ;
- les conducteurs dont le permis est limité aux véhicules équipés d’un éthylotest antidémarrage.
Ces limites ne prévoient aucune tolérance. Le texte sanctionne une concentration « égale ou supérieure » au seuil : un conducteur contrôlé à 0,5 g/l tout juste est donc en infraction.
Selon Service-Public, l’alcoolémie peut être vérifiée de manière aléatoire, sans infraction ni accident. L’éthylotest dépiste, puis l’éthylomètre ou une prise de sang mesurent le taux exact.
Combien de verres peut-on boire avant de conduire ?
Aucun nombre de verres ne garantit de rester sous la limite.
La Sécurité routière raisonne en verre standard, c’est-à-dire la dose servie dans un bar. Un verre de bière, de vin ou de whisky-soda contient alors la même quantité d’alcool, environ 10 g.
Selon son dépliant publié en avril 2022, chaque verre fait monter le taux de 0,25 g/l en moyenne. Deux verres standard peuvent donc suffire à atteindre 0,5 g/l, et les doses servies à la maison sont souvent plus importantes.
Pour un conducteur novice, le message est encore plus net : 0,2 g/l, « c’est zéro verre d’alcool », car cette limite peut être dépassée dès le premier.
Le temps nécessaire pour éliminer l’alcool
Un individu en bonne santé élimine de 0,10 à 0,15 g d’alcool par litre de sang en une heure, indique la Sécurité routière. Elle précise qu’il n’existe aucune « recette » pour aller plus vite.
Imaginons un conducteur dont le taux atteint 0,5 g/l. À ce rythme, il lui faut entre trois heures vingt et cinq heures pour éliminer cet alcool.
Le taux ne commence d’ailleurs pas à baisser dès le dernier verre. Il atteint son maximum 30 minutes après avoir bu à jeun, et une heure après au cours d’un repas.
Important
Un éthylotest négatif soufflé juste après le dernier verre ne prouve rien : le taux continue de monter pendant 30 minutes à une heure. Attendez sur place avant de vous tester, ou confiez le volant à une personne qui n’a pas bu.
Quelles sanctions selon le taux d’alcool ?
Elles vont de la contravention au délit passible de six ans de prison en cas de récidive. Voici les peines maximales en vigueur en octobre 2026, d’après Légifrance et Service-Public :
| Situation | Infraction | Peine maximale | Points retirés |
|---|---|---|---|
| De 0,5 à moins de 0,8 g/l | Contravention de 4e classe (art. R234-1) | 750 €, en général 135 € forfaitaires | 6 points |
| 0,8 g/l ou plus | Délit (art. L234-1) | 3 ans de prison et 9 000 € | 6 points |
| Ivresse manifeste | Délit (art. L237-1) | 3 ans de prison et 9 000 € | 6 points |
| Refus des vérifications | Délit (art. L234-8) | 3 ans de prison et 9 000 € | 6 points |
| Récidive (alcoolémie ou refus) | Peines doublées (art. 132-10 du Code pénal) | 6 ans de prison et 18 000 € | Permis annulé (art. L234-13) |
Le retrait de points est identique à chaque niveau : 6 points, soit la moitié d’un permis à 12 points. La vraie frontière se situe donc à 0,8 g/l, où l’infraction devient un délit.
Entre 0,5 et 0,8 g/l : que risque-t-on ?
Une contravention de 4e classe, qui coûte 6 points même lorsqu’elle se règle par une simple amende.
Service-Public, dans sa fiche vérifiée le 27 août 2026, indique une amende forfaitaire de 135 € dans la plupart des cas, et jusqu’à 750 € si l’affaire est jugée.
Le véhicule peut aussi être immobilisé et mis en fourrière. Le juge peut enfin suspendre le permis ou imposer un éthylotest antidémarrage, pour trois ans au plus.
Réglée par l’amende forfaitaire, cette contravention n’apparaît pas au casier judiciaire, qui n’enregistre selon Service-Public que les amendes forfaitaires des délits et des contraventions de 5e classe. Elle y figure en revanche si le juge prononce une suspension du permis.
À partir de 0,8 g/l : un délit passible de prison
Même sans aucun signe d’ivresse, conduire avec 0,8 g/l de sang ou plus, soit 0,40 mg/l d’air expiré, est un délit. L’article L234-1 du Code de la route le punit de trois ans d’emprisonnement et de 9 000 € d’amende.
Le délit retire 6 points de plein droit, et le véhicule peut être immobilisé. Pour une première infraction, ce sont ces maximums qui s’appliquent : seule la récidive les double.
L’article L234-2 prévoit aussi des peines complémentaires, notamment :
- la suspension du permis jusqu’à cinq ans, sans aménagement pour le travail ;
- l’annulation du permis, avec interdiction d’en demander un nouveau pendant cinq ans au plus ;
- un stage de sensibilisation à la sécurité routière, à vos frais ;
- l’obligation de conduire avec un éthylotest antidémarrage, jusqu’à cinq ans ;
- la confiscation du véhicule, si vous en êtes propriétaire ;
- un travail d’intérêt général ou des jours-amende.
La condamnation est inscrite au bulletin nº 1 du casier judiciaire, selon Service-Public.
Refus de contrôle, ivresse manifeste et récidive : les autres cas
Le refus des vérifications
Refuser les vérifications d’alcoolémie n’évite pas la sanction. Depuis le 20 août 2026, l’article L234-8 punit ce refus de trois ans d’emprisonnement et de 9 000 € d’amende, contre deux ans et 4 500 € auparavant.
L’état d’ivresse manifeste
Conduire en état d’ivresse manifeste est un délit à part entière, puni des mêmes peines de prison et d’amende. Depuis le 20 août 2026, il figure à l’article L237-1 du Code de la route, qui retire lui aussi 6 points.
Ce nouvel article porte la peine à cinq ans de prison et 15 000 € d’amende lorsque l’ivresse s’accompagne de l’usage de stupéfiants ou d’autres substances psychoactives.
La récidive
Elle est constituée par un nouveau délit commis dans les cinq ans suivant l’expiration ou la prescription de la peine précédente. L’alcool, le refus et les stupéfiants comptent pour cela comme une même infraction (article 132-16-2 du Code pénal).
Le maximum des peines est alors doublé, selon l’article 132-10 du même code : six ans de prison et 18 000 € d’amende. Pour l’alcoolémie et le refus, les articles L234-12 et L234-13 du Code de la route ajoutent :
- l’annulation de plein droit du permis, avec l’obligation, pendant trois ans au plus, de ne conduire qu’un véhicule équipé d’un éthylotest antidémarrage ;
- la confiscation obligatoire du véhicule dont le conducteur est propriétaire, sauf décision spécialement motivée du juge ;
- l’immobilisation possible de ce véhicule pendant un an au plus.
Combien de temps dure un retrait de permis pour alcool ?
Jusqu’à un an sur décision du préfet, et jusqu’à cinq ans sur décision du juge, sans compter l’annulation.
En cas de délit, d’ivresse manifeste ou de refus, les forces de l’ordre retiennent d’abord le permis sur place.
Le préfet a ensuite 72 heures pour le suspendre, ou 120 heures si l’infraction liée à l’alcool nécessite des vérifications, selon Service-Public. Cette suspension dure au plus six mois en général, mais jusqu’à un an pour l’alcool ou le refus.
Le juge peut, de son côté, suspendre le permis jusqu’à trois ans pour la contravention et cinq ans pour le délit, ou l’annuler. Sa décision remplace celle du préfet si elle intervient avant la fin de la suspension : les deux ne se cumulent pas.
Pour récupérer le permis, l’article R221-13 impose un contrôle médical de l’aptitude à la conduite après tout délit d’alcoolémie ou refus, et après une contravention dès que la suspension dépasse un mois. Pour l’alcool, il se passe devant la commission médicale et coûte 50 €, selon la fiche Service-Public vérifiée le 27 août 2026.
Ne conduisez pas entre-temps : conduire malgré une suspension est puni de deux ans d’emprisonnement et de 4 500 € d’amende.
À lire aussiTéléphone au volant : amende, retrait de points et suspension du permisJeune conducteur, voiture sans permis : quelles règles particulières ?
Le jeune conducteur dispose d’une marge plus faible, et la voiture sans permis échappe seulement au retrait de points.
Pour un jeune conducteur
Pendant toute la période probatoire, la contravention commence dès 0,2 g/l et coûte, comme pour les autres conducteurs, 135 € et 6 points, indique Service-Public. La première année, le permis ne compte que 6 points : une seule infraction suffit donc à l’invalider. Le stage obligatoire et la perte des majorations annuelles relèvent des règles du permis probatoire.
L’accompagnateur d’un élève en conduite accompagnée n’est pas épargné : l’article L234-1 lui applique le délit à partir de 0,8 g/l.
Au volant d’une voiture sans permis
Les règles d’alcoolémie s’appliquent aussi aux quadricycles légers limités à 45 km/h, car le Code de la route vise la conduite de tout véhicule.
Seul le retrait de points disparaît. Une infraction commise avec une voiturette n’en retire pas, a rappelé le ministère de l’Intérieur dans une réponse publiée au Journal officiel le 29 juillet 2014.
Le juge peut en revanche interdire, pendant cinq ans au plus, la conduite de certains véhicules, y compris ceux qui ne demandent aucun permis (article L234-2).
Alcool au volant : quelles conséquences sur l’assurance ?
Une prime majorée, un contrat résilié et des dommages laissés à votre charge, selon les cas.
L’article A211-1-2 du Code des assurances permet à l’assureur de résilier le contrat avant son échéance après un sinistre causé par un conducteur en état d’imprégnation alcoolique, ou par une infraction suivie d’une suspension d’au moins un mois ou d’une annulation.
En responsabilité civile, l’article A121-1-2 autorise aussi des majorations qui s’ajoutent au coefficient bonus-malus :
- jusqu’à 150 % pour un assuré responsable d’un accident en état d’imprégnation alcoolique ;
- jusqu’à 50 % pour une suspension du permis de deux à six mois ;
- jusqu’à 100 % pour une suspension de plus de six mois ;
- jusqu’à 200 % en cas d’annulation.
Leur cumul est plafonné à 400 % de la prime de référence, et chacune cesse au plus tard deux ans après la première échéance qui suit les faits.
Selon une fiche de Justice.fr mise à jour le 24 février 2025, l’assurance ne couvre pas les propres dommages du conducteur responsable sous l’effet de l’alcool, mais ses victimes restent indemnisées.
Résilié pour ce motif, le conducteur est inscrit au fichier de l’Agira. Si tous les assureurs le refusent, le Bureau central de tarification, ou BCT, désigne celui qui devra le couvrir en responsabilité civile et fixe la prime.
Nouvelle loi : ce qui a changé en 2025 et 2026
Les peines ont changé, pas les seuils. L’article R234-1, qui fixe les limites de 0,2 et 0,5 g/l, n’a pas été modifié depuis août 2019.
11 juillet 2025 : entrée en vigueur de la loi du 9 juillet 2025. Le délit à 0,8 g/l ou plus passe de deux ans de prison et 4 500 € d’amende à trois ans et 9 000 €.
Le même texte crée l’homicide routier : un conducteur sous l’empire d’un état alcoolique qui cause involontairement la mort encourt sept ans de prison et 100 000 € d’amende, dix ans et 150 000 € avec une autre circonstance aggravante.
20 août 2026 : entrée en vigueur de la loi du 18 août 2026. Le refus des vérifications est désormais puni des mêmes peines de prison et d’amende que le délit d’alcoolémie, et l’ivresse manifeste passe dans le nouvel article L237-1.
Alcool au volant : les règles à retenir
Retenez trois seuils : 0,2 g/l en début de permis, 0,5 g/l pour les autres conducteurs et 0,8 g/l, à partir duquel l’infraction devient un délit passible de trois ans de prison.
Chacune de ces infractions coûte 6 points. À partir de 0,8 g/l, le permis peut être suspendu cinq ans ou annulé et la voiture confisquée. Refuser le contrôle n’évite rien : le refus est puni de la même peine de prison.
La solution la plus sûre, rappelle la Sécurité routière, reste de ne pas boire avant de conduire. Si vous avez bu, confiez le volant à une personne qui n’a pas bu, prenez un taxi ou les transports en commun, ou attendez sur place.


