L’essentiel à retenir
- Tenir son téléphone en main en conduisant coûte une amende forfaitaire de 135 € et un retrait de 3 points.
- Écouteurs et oreillettes sont punis de la même façon ; la Sécurité routière ne cite comme autorisés que les dispositifs intégrés au véhicule.
- Un arrêt au feu rouge ou dans un bouchon ne change rien : la voiture reste en circulation.
- Associé à une autre infraction, le téléphone en main peut valoir une rétention du permis puis jusqu’à six mois de suspension.
- Dans plusieurs départements, le préfet peut suspendre le permis dès un seul téléphone en main, sans autre infraction.
- Un jeune conducteur perd la moitié de ses 6 points de départ et doit suivre un stage obligatoire.
Le téléphone au volant pèse lourd sur les permis de conduire. L’Observatoire national interministériel de la sécurité routière, ou ONISR, a recensé 590 030 infractions pour usage du téléphone en 2024, et 61 762 pour port d’oreillettes. Selon son bilan, ce motif représentait 15 % des points retirés cette année-là.
La sanction de base tient en deux chiffres : 135 € et 3 points. Elle peut pourtant s’alourdir nettement selon l’infraction qui l’accompagne, le département du contrôle et l’ancienneté du permis.
Encore faut-il savoir ce qui est réellement interdit. Le Code de la route ne proscrit pas le fait de téléphoner en conduisant, mais celui de tenir l’appareil en main ou de porter un dispositif à l’oreille. Toute la règle tient dans cette nuance.
Que dit le Code de la route sur le téléphone tenu en main ?
Il pose deux interdictions distinctes, à l’article R412-6-1. Pour le conducteur d’un véhicule en circulation, sont interdits :
- l’usage d’un téléphone tenu en main ;
- le port à l’oreille de tout dispositif susceptible d’émettre du son, à l’exception des appareils correcteurs de surdité.
L’usage ne se limite pas aux appels. La Sécurité routière précise que l’interdiction vise l’activation de toute fonction sur l’appareil que le conducteur tient en main. Lire un message, choisir une musique ou régler un itinéraire est donc sanctionné de la même façon.
Selon Légifrance, cet article est en vigueur dans sa rédaction actuelle depuis le 22 mai 2020 : l’amende et le retrait de points qu’il prévoit n’ont pas changé en 2026. Plusieurs préfectures appliquent en revanche une suspension du permis plus sévère, détaillée plus bas.
Quelle amende pour un téléphone au volant ?
135 € dans le cas général. Il s’agit d’une contravention de 4e classe, dont Service-Public donne les montants selon la date du paiement :
| Moment du paiement | Montant |
|---|---|
| Immédiatement ou dans les 15 jours | 90 € |
| Du 16e au 45e jour | 135 € |
| Après 45 jours | 375 € |
Les délais courent à partir de la constatation de l’infraction ou de l’envoi de l’avis. En cas de paiement en ligne par carte bancaire, ils passent à 30 jours pour le tarif minoré et à 60 jours avant la majoration.
Le paiement, même minoré, vaut reconnaissance de l’infraction et déclenche le retrait de points. Si vous comptez contester, ne payez donc pas.
Combien de points perd-on pour un téléphone tenu en main ?
Trois points. L’article R412-6-1 prévoit ce retrait de plein droit, aussi bien pour le téléphone en main que pour les écouteurs ou l’oreillette.
Le chiffre de six points, souvent cité, ne correspond pas à cette infraction seule. Il apparaît quand elle s’ajoute à une autre, car les retraits se cumulent.
L’article L223-2 limite toutefois ce cumul aux deux tiers du nombre maximal de points, soit 8 points sur un permis à 12 points.
Exemples de cumul lors d’un même contrôle
D’après le barème des points publié par Service-Public :
| Infractions relevées ensemble | Points retirés |
|---|---|
| Téléphone en main seul | 3 points |
| Téléphone et ceinture non bouclée | 6 points |
| Téléphone et feu rouge | 7 points |
| Téléphone, feu rouge et ceinture | 8 points (plafond) |
Dans le dernier cas, le conducteur perd 8 points au lieu de 10. Les deux exemples avec un feu rouge ouvrent aussi la voie à une rétention du permis, car cette infraction figure sur la liste détaillée plus bas.
Après une contravention de 4e classe, le capital complet revient au bout de trois ans sans nouvelle infraction, indique Service-Public. Un stage volontaire permet de récupérer jusqu’à 4 points par an.
Quand le permis peut-il être suspendu ?
Dans quatre situations, mais pas automatiquement. Ce que l’on appelle couramment un retrait de permis recouvre ici deux mesures. La rétention est décidée sur place par les forces de l’ordre, la suspension ensuite par le préfet ou par un juge.
Avec une autre infraction : la rétention sur place
Depuis mai 2020, le permis peut être retenu immédiatement si le conducteur, intercepté le téléphone en main, commet en même temps une autre infraction d’une liste précise. La Sécurité routière cite :
- le non-respect des règles de conduite, comme ne pas circuler sur le bord droit de la chaussée ou ne pas utiliser le clignotant ;
- le non-respect des distances de sécurité ;
- le franchissement ou le chevauchement d’une ligne continue ou d’une ligne délimitant la bande d’arrêt d’urgence ;
- le non-respect d’un feu rouge ou jaune ;
- un dépassement dangereux ou irrégulier ;
- le non-respect d’un stop ou d’un cédez-le-passage ;
- le refus de priorité à un piéton ;
- un excès de vitesse ou une vitesse inadaptée aux circonstances.
Le préfet dispose ensuite de 72 heures pour suspendre le permis, pour une durée qui ne peut dépasser six mois, selon l’article L224-2. Sans décision dans ce délai, le permis est rendu à son titulaire.
Après un accident corporel
La rétention est aussi possible après un accident ayant causé la mort ou des blessures, dès qu’il existe des raisons plausibles de soupçonner l’usage du téléphone en main. La suspension peut alors atteindre un an.
Dans certains départements, dès le premier téléphone
Plusieurs préfets vont plus loin, indique le ministère de l’Intérieur dans une actualité mise à jour le 8 septembre 2026. En s’appuyant sur l’article L224-7 du Code de la route, ils peuvent suspendre le permis dès un téléphone tenu en main, sans autre infraction.
La durée va de 15 jours à 6 mois. Le ministère cite notamment les Landes, le Lot-et-Garonne, le Pas-de-Calais, la Charente-Maritime, les Deux-Sèvres, l’Yonne et l’Ardèche.
Dans l’Yonne, un arrêté préfectoral du 27 juillet 2026 prévoit depuis le 1er août un mois de suspension, deux en cas de récidive.
Devant le juge : jusqu’à trois ans
Si l’affaire est jugée, le tribunal peut prononcer une suspension de trois ans au plus, à titre de peine complémentaire. L’article R412-6-1 permet de la limiter à la conduite en dehors de l’activité professionnelle.
Important
Une fois la rétention ou la suspension notifiée, reprendre le volant est un délit puni de deux ans d’emprisonnement et de 4 500 € d’amende, selon l’article L224-16. Prévoyez un autre moyen de rentrer dès la fin du contrôle.
Kit mains libres, écouteurs, support : qu’est-ce qui est autorisé ?
Un système audio intégré au véhicule, piloté par les commandes au volant. C’est la seule situation que la Sécurité routière classe parmi les usages autorisés en voiture, tout en la déconseillant, car ce type de kit mains libres détourne autant l’attention.
Elle classe en revanche parmi les situations interdites en voiture :
- le téléphone tenu en main ;
- les écouteurs, y compris un seul écouteur porté à une oreille ;
- le casque audio, même sur une seule oreille ;
- l’oreillette Bluetooth.
Ces équipements sont sanctionnés comme le téléphone en main, par 135 € et 3 points. L’interdiction vaut aussi pour écouter de la musique, pas seulement pour appeler.
Le téléphone posé sur un support
Un smartphone fixé sur un support et utilisé comme GPS n’est pas tenu en main : il n’entre donc pas dans cette interdiction. L’article R412-6-2 admet d’ailleurs dans le champ de vision un écran servant d’aide à la conduite ou à la navigation.
Deux usages restent sanctionnés. Décrocher l’appareil pour s’en servir revient à le tenir en main. Un écran qui affiche autre chose, une vidéo par exemple, relève quant à lui d’une contravention de 5e classe : jusqu’à 1 500 € d’amende, 3 points et la saisie de l’appareil.
Toucher l’écran d’un téléphone resté sur son support ne fait l’objet d’aucune interdiction spécifique, mais aucun texte ne l’autorise non plus. L’article R412-6 impose au conducteur de rester « en état et en position » d’exécuter sans délai toutes les manœuvres, sous peine d’une contravention de 2e classe. Programmez donc l’itinéraire avant de partir.
Peut-on utiliser son téléphone à l’arrêt ?
Pas au feu rouge, ni dans un embouteillage.
L’interdiction vise le conducteur d’un véhicule « en circulation ». Or, selon un arrêt de la Cour de cassation du 23 janvier 2018, un véhicule momentanément arrêté sur une voie de circulation reste en circulation, sauf cas de force majeure.
Dans cette affaire, le conducteur s’était arrêté sur la voie de droite d’un giratoire, feux de détresse allumés et moteur tournant selon le procès-verbal. Les feux de détresse ne changent donc rien à l’infraction.
Pour téléphoner, garez-vous sur une place de stationnement, un parking ou une aire, en dehors des voies de circulation. Sur autoroute, s’arrêter sur la bande d’arrêt d’urgence n’est permis qu’en cas de nécessité absolue, rappelle l’article R421-7 : attendez la prochaine aire.
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Les mêmes sanctions, mais sur un capital de départ de 6 points. Un seul téléphone en main en retire donc la moitié.
En période probatoire, un retrait de 3 points ou plus rend obligatoire un stage de sensibilisation dans les quatre mois, précise Service-Public. L’infraction interrompt aussi les majorations annuelles du permis probatoire.
Le cumul est encore plus risqué. Si une ceinture non bouclée est relevée lors du même contrôle, la perte atteint 6 points : un permis de première année perd alors la totalité de son capital et devient invalide.
Peut-on contester une amende pour usage du téléphone ?
Oui, dans un délai de 45 jours, mais les chances sont minces sans preuve.
Selon l’article 537 du Code de procédure pénale, le procès-verbal des agents fait foi jusqu’à preuve contraire. Cette preuve ne peut être rapportée que par écrit ou par témoins : une simple dénégation ne suffit donc pas.
L’infraction peut aussi être relevée sans interception. Le titulaire de la carte grise est alors redevable de l’amende, en vertu de l’article R121-6. S’il ne conduisait pas, il peut désigner le conducteur en indiquant notamment son identité, son adresse et la référence de son permis de conduire.
La contestation passe par le service en ligne de l’ANTAI ou par courrier recommandé, en suivant la procédure de contestation d’un avis de contravention. Conservez tout élément écrit ou témoignage qui contredit le procès-verbal.
Téléphone au volant : les règles à retenir
La sanction de référence reste 135 € et 3 points, que le téléphone serve à appeler, à lire un message ou à choisir une musique. Tout ce qui se porte à l’oreille est puni de la même façon.
Le risque change d’échelle dès qu’une autre infraction s’y ajoute, ou dans les départements où le préfet suspend le permis dès la première fois. Un jeune conducteur, lui, y laisse la moitié de ses points.
Avant de démarrer, réglez le GPS, activez le mode conduite du téléphone ou rangez-le hors de portée. Si un appel ne peut pas attendre, garez-vous hors des voies de circulation : un feu rouge ou un bouchon ne suffit pas.


