L’essentiel à retenir

  • L’aide aux grands rouleurs est renouvelée pour octobre, novembre et décembre 2026, avec un montant de 100 €.
  • Les bénéficiaires de l’aide d’avril à septembre recevront ces 100 € automatiquement, sans nouvelle démarche.
  • La date limite pour demander l’aide d’avril à septembre reste fixée au 30 septembre 2026.
  • Il faut parcourir au moins 15 km par trajet domicile-travail ou 8 000 km par an pour son travail.
  • Le véhicule doit être thermique ou hybride non rechargeable et régulièrement assuré, les électriques étant exclues.
  • Les nouveaux plafonds de salaire annoncés pour octobre doivent encore être confirmés par un texte officiel.
  • La demande se fait uniquement sur impots.gouv.fr, jamais par un lien reçu par SMS ou par courriel.

Le gouvernement a annoncé le 22 septembre 2026 le renouvellement de l’aide carburant « grands rouleurs » pour octobre, novembre et décembre. Elle atteint 100 € pour ces trois mois, soit l’équivalent de 40 centimes par litre selon Service-Public, contre 20 centimes auparavant.

Une aide de 100 € pour octobre, novembre et décembre

L’aide a été instaurée en mai 2026 pour amortir la hausse du prix des carburants liée au conflit au Moyen-Orient. Elle repose sur le décret nº 2026-333 du 30 avril 2026.

Ce texte prévoyait d’abord 50 € pour trois mois. Un décret du 28 mai 2026 a porté l’indemnité à 100 €, versés une seule fois pour couvrir six mois, d’avril à septembre.

Le renouvellement double donc le rythme de l’aide : 100 € pour trois mois au lieu de six. Selon le communiqué du gouvernement du 22 septembre, l’aide élargie doit concerner 5,5 millions de Français, contre 3 millions jusqu’à présent.

Qui peut toucher l’aide carburant ?

Les actifs qui utilisent leur véhicule pour travailler et parcourent de longues distances, sous conditions de ressources.

D’après Service-Public et la foire aux questions d’impots.gouv.fr, il faut :

  • vivre en France et avoir été domicilié fiscalement en France au titre de 2024 ;
  • être né avant le 1er janvier 2009 ;
  • avoir déclaré des revenus d’activité pour 2024, qu’il s’agisse de salaires ou de bénéfices industriels et commerciaux, non commerciaux ou agricoles ;
  • ne pas avoir été redevable de l’impôt sur la fortune immobilière au titre de 2024 ;
  • utiliser son véhicule à des fins professionnelles, même s’il sert aussi pour la vie privée.

Il faut aussi être un grand rouleur au sens du décret : parcourir au moins 15 km par trajet entre son domicile et son lieu de travail, soit 30 km aller-retour, ou au moins 8 000 km par an pour son activité, trajets domicile-travail compris.

Salariés, indépendants, artisans, agriculteurs et agents publics sont concernés. Les allocations chômage et les préretraites ne comptent pas, mais avoir travaillé une partie de 2024 suffit, sans réduction au prorata.

Le télétravail partiel n’est pas un obstacle : la foire aux questions demande seulement de respecter les 30 km aller-retour ou les 8 000 km par an.

Quels plafonds de revenus à partir d’octobre ?

Ils changent, mais leur version définitive n’est pas encore publiée.

Pour l’aide d’avril à septembre, le critère est le revenu fiscal de référence 2024 par part, plafonné à 16 880 €. Il figure, avec le nombre de parts, en première page de l’avis d’impôt reçu en 2025.

À partir d’octobre, Service-Public indique que les personnes suivantes deviennent éligibles, toujours à condition de prendre leur voiture pour aller travailler :

  • les personnes seules dont le salaire net ne dépasse pas 2 035 € ;
  • les couples avec un enfant dont le salaire net ne dépasse pas 4 070 € ;
  • les couples avec deux enfants dont le salaire net ne dépasse pas 6 100 €.

Le communiqué du gouvernement du 22 septembre annonce toutefois 2 050 € pour une personne seule et 4 070 € pour un couple, sans mention d’enfant, avec le même seuil de 6 100 € pour un couple avec deux enfants.

Au 27 septembre 2026, aucun décret ni arrêté n’est encore paru au Journal officiel : c’est le texte à venir qui fera foi. La manière dont ce salaire sera vérifié n’est pas non plus précisée. Si vos revenus sont proches de ces montants, attendez ce texte avant de conclure que vous êtes exclu.

Quels véhicules sont concernés ?

À la date de la demande, le véhicule doit remplir toutes les conditions suivantes :

  • être un véhicule à moteur à deux, trois ou quatre roues ;
  • avoir une motorisation thermique, GPL compris, ou hybride non rechargeable ;
  • être régulièrement assuré ;
  • ne pas être classé comme véhicule endommagé au sens du Code de la route.

Sont exclus les voitures électriques ou à hydrogène, les hybrides rechargeables, les quadricycles lourds à moteur, les véhicules agricoles, les poids lourds et les véhicules de fonction ou de service. Une hybride non rechargeable est donc acceptée, pas une hybride rechargeable.

Il n’est pas nécessaire d’être propriétaire du véhicule. L’administration fiscale accepte une location longue durée, la voiture d’un proche ou, pour un indépendant, un véhicule de société. L’assurance n’a pas non plus à être au nom du demandeur.

En revanche, une seule aide est accordée par personne et par véhicule : deux conjoints qui partagent la même voiture ne la toucheront qu’une fois.

Si vous envisagez de passer à l’électrique, le leasing social vise un profil proche selon Service-Public : même plafond de 16 880 € par part, trajet domicile-travail de plus de 10 km ou 8 000 km professionnels par an.

Comparez alors les marques éligibles au leasing social. Une aide pour une électrique d’occasion existe aussi depuis le 1er septembre 2026.

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Faut-il refaire une demande ?

Non, si vous avez déjà touché l’aide d’avril à septembre.

Service-Public et le gouvernement indiquent que l’indemnité de 100 € d’octobre à décembre sera versée automatiquement à tous les bénéficiaires de la première aide.

L’aide est uniquement versée par virement, sur le compte bancaire connu de l’administration fiscale. Si vous avez changé de banque, mettez à jour vos coordonnées dans votre espace Finances publiques, avec le service « Gérer mon prélèvement à la source ».

Si vous remplissez déjà les conditions de la première aide sans l’avoir demandée, ne tardez pas : un arrêté du 8 septembre 2026 a fixé la date limite de dépôt au 30 septembre 2026.

Pour les personnes qui deviennent éligibles grâce aux nouveaux plafonds, aucune date d’ouverture de guichet n’est publiée au 27 septembre 2026. Service-Public précise seulement qu’« un texte doit confirmer les modalités de ce renouvellement ».

Comment demander l’aide sur impots.gouv.fr ?

La démarche se fait uniquement en ligne, en deux étapes :

  1. répondre aux questions du simulateur officiel, qui vérifie votre éligibilité ;
  2. si toutes les conditions sont remplies, suivre le lien vers le formulaire et vous connecter à votre espace Finances publiques.

Cette procédure est celle de l’aide d’avril à septembre. Celle des nouveaux bénéficiaires d’octobre n’est pas encore publiée. Dans les deux cas, un espace Finances publiques activé est indispensable pour accéder au formulaire.

Pour remplir le formulaire, gardez sous la main :

  • votre avis d’impôt reçu en 2025, sur les revenus de 2024 ;
  • votre numéro fiscal et votre mot de passe, ou vos identifiants FranceConnect ;
  • le numéro d’immatriculation du véhicule et, pour une plaque au format AA-000-AA, le numéro de formule de la carte grise.

Aucun justificatif n’est demandé au dépôt. Vous attestez sur l’honneur l’usage professionnel du véhicule et la distance parcourue. Selon Service-Public, l’aide arrive ensuite sur votre compte environ 10 jours après la demande.

L’administration fiscale peut toutefois contrôler votre situation pendant 5 ans après le versement. Conservez vos justificatifs pendant cette durée, par exemple vos attestations d’assurance. En cas de fraude, l’aide doit être remboursée avec une majoration.

Une ligne dédiée, le 0 806 000 229, répond aux questions du lundi au vendredi de 8h30 à 19h (service gratuit et coût de l’appel).

Important

Ne passez que par impots.gouv.fr. L’administration fiscale rappelle que votre numéro de carte bancaire ne vous est jamais demandé pour un remboursement ni pour compléter vos coordonnées. Un SMS ou un courriel qui vous invite à cliquer pour recevoir vos 100 € doit être traité comme une tentative d’hameçonnage.

Aide grands rouleurs ou prime carburant de l’employeur : quelle différence ?

L’aide aux grands rouleurs est versée par l’État. La prime carburant, elle, est versée par l’employeur, qui reste libre de la proposer ou non.

Dans la limite d’un plafond annuel, cette prime échappe aux cotisations sociales et à l’impôt sur le revenu. Ce plafond, d’abord de 300 €, avait été porté à 600 € pour 2026. Le gouvernement a annoncé le 22 septembre qu’il serait fixé à titre exceptionnel à 1 000 € par an et par salarié.

Selon le Code du travail numérique, les textes n’étaient pas encore publiés au 23 septembre 2026, mais les employeurs peuvent déjà appliquer ce plafond aux primes versées jusqu’au 31 décembre 2026.

Les principales différences sont les suivantes :

CritèreAide grands rouleursPrime carburant
Versée parL’État, via l’administration fiscaleL’employeur
Montant100 € d’octobre à décembre 2026Libre, exonéré jusqu’à 1 000 € par an selon l’annonce du 22 septembre
BénéficiairesSalariés, indépendants, agriculteurs et agents publicsSalariés
DémarcheDemande sur impots.gouv.fr ou versement automatiqueAucune, l’employeur décide

Aucune des conditions publiées par l’administration fiscale ne vise la prime carburant : seuls les véhicules de fonction ou de service sont écartés. Si vous êtes salarié, demandez à votre employeur s’il prévoit d’en verser une avant le 31 décembre 2026, date de fin du plafond relevé.

L’aide va-t-elle faire baisser le prix du litre ?

Non. Elle compense une partie de la dépense, sans modifier le prix affiché à la pompe.

En septembre 2026, le débat sur le prix du litre porte sur les certificats d’économies d’énergie, un dispositif qui oblige les vendeurs de carburant à financer des économies d’énergie.

Mi-septembre, selon la presse, le dirigeant d’une grande enseigne a affirmé pouvoir faire baisser le litre de 20 centimes en les suspendant. Le ministre du Commerce s’y est opposé, et le plan du 22 septembre ne prévoit aucune suspension.

Ce qui reste à confirmer

Plusieurs points dépendent encore du texte annoncé ou de décisions à venir :

  • les plafonds de revenus définitifs et la manière dont le salaire sera vérifié ;
  • la date d’ouverture d’un guichet pour les nouveaux bénéficiaires ;
  • la date du versement automatique pour les bénéficiaires actuels ;
  • l’accès adapté promis aux aides à domicile, qui pourraient demander l’aide dès 30 km parcourus chaque jour ;
  • l’adaptation du dispositif aux départements d’outre-mer, en cours de discussion ;
  • l’aide dédiée de 80 € de l’Assurance maladie annoncée pour les infirmiers libéraux qui se déplacent le plus.

Dans l’immédiat, si vous remplissez déjà les conditions de la première aide sans l’avoir demandée, déposez votre demande avant le 30 septembre. Vérifiez aussi vos coordonnées bancaires dans votre espace Finances publiques, puis refaites une simulation sur impots.gouv.fr une fois le texte publié.

Pour toute démarche liée à cette aide, ne passez que par impots.gouv.fr.