L’essentiel à retenir
- Un permis B ne donne lieu à aucune visite médicale systématique, ni au renouvellement ni avec l’âge.
- Une affection listée par l’arrêté du 28 mars 2022 impose de consulter un médecin agréé.
- Après une suspension de plus d’un mois, ou pour alcool ou stupéfiants, le permis n’est rendu qu’après un avis d’aptitude.
- Le médecin agréé qui vous examine ne peut jamais être votre médecin traitant.
- Le contrôle coûte 36 €, ou 50 € en commission médicale, sans remboursement par l’Assurance maladie.
- Passez-le avant la fin de la suspension ou avant la date d’expiration de votre permis.
Un permis B s’obtient et se renouvelle sans examen médical dans la grande majorité des cas. La visite médicale du permis, appelée officiellement contrôle médical de l’aptitude à la conduite, devient pourtant obligatoire dans des situations précises.
Elle concerne le conducteur atteint d’une maladie qui peut gêner la conduite, celui dont le permis a été suspendu, invalidé ou annulé après certaines infractions, et celui que le préfet convoque. L’interlocuteur, les documents et le prix dépendent de ce motif.
Qui doit passer une visite médicale pour le permis de conduire ?
Pas tous les conducteurs : seulement ceux qui ont une affection médicale listée, une sanction visée par le Code de la route ou une convocation du préfet.
Pour les permis A et B, il n’existe ni contrôle médical avant l’examen ni contrôle périodique, rappelle le mémento de la Sécurité routière publié en avril 2022. Le renouvellement d’un permis B arrivé à échéance reste une simple formalité administrative.
Selon Service-Public, un titulaire du permis doit notamment passer un contrôle médical lorsque :
- il est atteint d’une maladie incompatible avec le maintien du permis ;
- son état de santé justifie une durée de validité limitée ;
- son permis porte une restriction d’éthylotest antidémarrage, dite EAD médico-administratif.
L’article R221-13 du Code de la route y ajoute les contrôles imposés après une infraction. Il vise l’alcool et les stupéfiants au volant, le refus des vérifications et toute suspension de plus d’un mois.
Le préfet peut aussi vous convoquer s’il a des raisons de douter de votre aptitude médicale, et suspendre le permis en cas de refus. Les permis poids lourd et transport en commun relèvent d’un contrôle périodique distinct, tout comme les taxis, VTC et ambulances.
Quelles maladies obligent à consulter un médecin agréé ?
Celles que liste l’arrêté du 28 mars 2022. Pour les voitures et les motos, le mémento de la Sécurité routière cite notamment :
- certains troubles de la vue, comme une acuité inférieure à 5/10e des deux yeux malgré les lunettes ou les lentilles ;
- l’épilepsie, les suites d’un AVC et les troubles cognitifs, dont la maladie d’Alzheimer ;
- la somnolence excessive, dont l’apnée du sommeil est la cause la plus fréquente ;
- certaines maladies cardiaques qui exposent à un malaise au volant ;
- le diabète traité par un médicament qui peut provoquer une hypoglycémie ;
- un trouble de l’usage de l’alcool ou un usage régulier de drogues.
L’initiative revient au conducteur. Selon l’article 4 de l’arrêté, le titulaire atteint de l’une de ces affections sollicite l’avis d’un médecin agréé dès qu’il en a connaissance. Le mémento applique la même règle au candidat qui prépare son permis.
Le médecin traitant doit informer son patient du risque, mais c’est au patient de prendre rendez-vous.
Important
Ne continuez pas à conduire en ignorant une affection de la liste. Selon Service-Public, un conducteur qui n’a pas passé le contrôle médical et cause un accident lié à une pathologie incompatible avec la conduite n’est pas couvert par son assurance.
Faut-il une visite médicale après une suspension du permis ?
Oui, dès que la suspension dépasse un mois, et quelle que soit sa durée si elle sanctionne l’alcool ou les stupéfiants.
Selon Service-Public, la suspension décidée par le préfet dure au plus six mois, et jusqu’à un an notamment pour l’alcool ou les stupéfiants. À partir de six mois, l’article R224-21 du Code de la route ajoute un examen psychotechnique :
| Situation | Contrôle médical | Examen psychotechnique | Quand passer le contrôle |
|---|---|---|---|
| Suspension d’un mois ou moins, hors alcool et stupéfiants | Non | Non | Sans objet |
| Suspension pour alcool ou stupéfiants | Oui, en commission médicale | Si 6 mois ou plus | Avant la fin de la suspension |
| Autre suspension de plus d’un mois | Oui, chez un médecin agréé | Si 6 mois ou plus | Avant la fin de la suspension |
| Invalidation, solde de points nul | Oui | Oui | Possible avant la fin de l’interdiction |
| Annulation par le juge | Oui | Oui | Après la fin de l’interdiction |
Après une suspension, Service-Public demande de passer le contrôle sans attendre la fin de la sanction, idéalement environ un mois avant.
L’invalidation peut arriver très tôt : la première année, une seule contravention pour alcool suffit à faire perdre les six points d’un permis probatoire.
La sanction pèse aussi sur l’assurance, qui peut appliquer des majorations de prime après une suspension ou une annulation. En cas d’invalidation, Service-Public demande d’en informer l’assureur par lettre recommandée avec accusé de réception, dans les 15 jours suivant la notification.
À lire aussiComment contester une amende radar ?Médecin agréé ou commission médicale : quelle différence ?
Le motif du contrôle décide de l’interlocuteur : la commission pour l’alcool et les stupéfiants, le médecin agréé pour le reste.
Le médecin agréé est un médecin de ville qui a reçu l’agrément de la préfecture et consulte dans son cabinet. Il examine les conducteurs venus pour raison de santé ou après une suspension sans lien avec l’alcool ou les stupéfiants.
La commission médicale réunit deux médecins agréés et consulte en préfecture, selon le mémento de la Sécurité routière. L’article R226-3 du Code de la route lui confie les conducteurs suspendus, invalidés ou annulés pour alcool ou stupéfiants, ainsi que ceux que le médecin agréé lui adresse.
Dans les deux cas, votre médecin habituel est exclu. L’article R226-2 du même code interdit à un médecin agréé de contrôler une personne dont il est le médecin traitant.
Comment prendre rendez-vous et quels documents fournir ?
La liste des médecins agréés figure sur le site de chaque préfecture, ainsi qu’en préfecture, en sous-préfecture et dans certaines mairies. Pour la commission médicale, le rendez-vous se réserve sur le site de la préfecture, à Paris sur celui de la préfecture de police.
Pour un contrôle lié à la santé, Service-Public demande d’apporter :
- le formulaire d’avis médical Cerfa nº 14880*02, prérempli ;
- le questionnaire de santé figurant en annexe III de l’arrêté du 28 mars 2022, prérempli lui aussi ;
- une pièce d’identité et votre permis de conduire, en original ;
- tout document médical utile sur votre état de santé.
Après une suspension, une invalidation ou une annulation, la liste change :
- le Cerfa nº 14880 prérempli et un justificatif d’identité ;
- la décision prise contre votre permis et sa lettre de notification ;
- les résultats des examens médicaux demandés dans cette lettre ;
- le résultat de l’examen psychotechnique, lorsqu’il est exigé.
Lisez donc la lettre de notification dès sa réception : c’est elle qui indique les analyses à faire. Le Cerfa peut, lui, être rempli en ligne sur Service-Public.
Combien coûte la visite médicale du permis ?
36 € chez un médecin agréé et 50 € devant la commission médicale, selon la fiche de Service-Public sur la suspension, vérifiée le 27 août 2026.
Un examen psychotechnique, passé chez un psychologue et dont Service-Public estime le coût moyen à environ 100 €, s’y ajoute dans certains cas :
| Examen | Prix | Situation |
|---|---|---|
| Contrôle chez un médecin agréé | 36 € | Santé, suspension sans alcool ni stupéfiants |
| Contrôle en commission médicale | 50 € | Alcool, stupéfiants ou renvoi par le médecin agréé |
| Examen psychotechnique | Environ 100 € | Suspension de 6 mois ou plus, invalidation, annulation |
L’Assurance maladie ne prend en charge ni le contrôle ni les examens complémentaires. Après six mois de suspension pour alcool, prévoyez donc environ 150 €, hors analyses éventuelles.
Seule exception : le contrôle lié à la santé est gratuit pour une personne handicapée dont le taux d’invalidité reconnu atteint au moins 50 %.
Comment se déroule le contrôle médical ?
Comme une consultation classique, mais entièrement centrée sur la conduite : le médecin évalue votre aptitude physique, cognitive et sensorielle.
Il reprend le questionnaire de santé, étudie votre dossier puis vous examine. Il peut ensuite :
- prescrire des examens complémentaires ;
- demander l’avis d’un médecin spécialiste ;
- vous adresser à la commission médicale ;
- demander un test de conduite.
À la fin, il vous remet le formulaire portant l’un des quatre avis que décrit Service-Public :
| Avis | Ce qu’il signifie | Suite |
|---|---|---|
| Apte | État de santé compatible avec la conduite | Avis valable 2 ans |
| Apte temporaire | Conduite autorisée pour une durée limitée | Nouveau contrôle après 6 mois à 5 ans |
| Apte avec restrictions | Conduite sous conditions | Aménagements précisés par le médecin |
| Inapte | État de santé incompatible avec la conduite | Recours possible |
C’est ensuite le préfet qui décide, et Service-Public précise qu’il n’est pas obligé de suivre l’avis. Pour un contrôle lié à la santé, vous pouvez conduire en attendant si votre permis était encore valable le jour du contrôle.
Avec un avis favorable, le nouveau permis se demande en ligne sur France Titres, l’ancienne ANTS. Après une suspension, joignez l’avis médical, la décision de suspension, une photo-signature numérique, une pièce d’identité et un justificatif de domicile.
Peut-on contester un avis d’inaptitude ?
Oui, mais la décision du préfet s’applique pendant le recours.
Pour un contrôle lié à la santé, un courrier vous invite d’abord à présenter vos observations, puis le préfet notifie sa décision avec les voies de recours. Vous pouvez alors saisir la commission médicale d’appel, qui vous examine et transmet son avis au préfet.
Si la décision reste défavorable, Service-Public indique que vous pouvez demander un nouveau contrôle dans les six mois, ou saisir le juge administratif.
Pourquoi parle-t-on d’une deuxième visite médicale ?
Parce que le premier avis n’accorde parfois qu’une aptitude limitée dans le temps.
Il ne s’agit pas d’une étape systématique. Après une suspension, Service-Public invite toutefois à vérifier la validité du nouveau permis. Si elle est limitée à six mois ou un an, un nouveau contrôle médical est obligatoire à son terme.
Après une sanction pour alcool, le préfet peut aussi délivrer, sur avis de la commission, un permis limité aux véhicules équipés d’un éthylotest antidémarrage, signalé par le code 69. Selon Service-Public, il est valable de six mois à un an et impose un stage de six à douze mois en centre d’addictologie.
Pour ce deuxième contrôle, apportez les mêmes documents que la première fois, les analyses demandées et, en cas d’EAD, l’attestation de fin de stage. La commission peut alors proposer de maintenir la restriction.
Les seniors doivent-ils passer un contrôle médical ?
Non, pas en raison de leur âge : en septembre 2026, aucune visite médicale liée à l’âge n’existe pour le permis B en France. Une affection de la liste impose en revanche le contrôle, à tout âge.
La directive (UE) 2025/2205 du 22 octobre 2025, publiée le 5 novembre 2025, pourrait toutefois changer la donne. Selon le Parlement européen, elle prévoit une visite médicale avant le premier permis et lors de chaque renouvellement.
Chaque pays peut la remplacer, pour les voitures et les motos, par une autoévaluation ou un autre système national. Il peut aussi raccourcir la validité du permis à partir de 65 ans, pour rendre les visites ou les cours de remise à niveau plus fréquents.
Rien de tout cela ne s’applique encore en France. Dans une réponse publiée au Journal officiel le 8 septembre 2026, le ministère de l’Intérieur rappelle que les États disposent de quatre ans pour transposer le texte, sans rien dire de la visite médicale.
Que se passe-t-il si la date du contrôle médical est dépassée ?
Un permis à durée limitée perd alors sa validité, sans être annulé.
L’article R221-11 du Code de la route ne le maintient provisoirement que si l’avis médical a été émis avant la date d’expiration, et jusqu’à la décision du préfet. Passé cette date, le permis n’est plus valable, résume Service-Public : prenez donc rendez-vous plusieurs semaines avant l’échéance.
Après une suspension, un contrôle passé en retard repousse d’autant la restitution du permis. L’avis favorable n’est, lui, valable que deux ans : déposez la demande de permis sans attendre.
Visite médicale du permis : la marche à suivre
Quelle que soit la raison du contrôle, l’ordre des démarches reste le même :
- identifiez le motif : affection médicale, suspension, invalidation, annulation ou courrier du préfet ;
- lisez la lettre de notification pour connaître l’interlocuteur et les analyses demandées ;
- passez d’abord l’examen psychotechnique s’il est exigé ;
- prenez rendez-vous chez un médecin agréé ou auprès de la commission médicale ;
- apportez le Cerfa prérempli, vos justificatifs et vos résultats ;
- déposez la demande de permis sur France Titres dès l’avis favorable.
Après une suspension, passez le contrôle avant la fin de la sanction ; pour un permis à durée limitée, avant sa date d’expiration. Retenez surtout un médecin agréé qui n’est pas votre médecin traitant, le Cerfa nº 14880 et un rendez-vous pris tôt.


