L’essentiel à retenir

  • Le permis probatoire démarre avec 6 points et atteint 12 points en trois ans sans infraction.
  • La période est ramenée à deux ans après un apprentissage anticipé de la conduite ou une formation complémentaire.
  • Un jeune conducteur ne doit pas dépasser 110 km/h sur autoroute, ni 80 km/h sur une route limitée à 90 km/h.
  • Le taux d’alcool autorisé est de 0,2 g/l de sang : un seul verre peut suffire à le dépasser.
  • Un retrait de 3 points ou plus impose un stage de sensibilisation dans les quatre mois.
  • Une seule infraction avec retrait de points bloque les majorations annuelles jusqu’à la fin de la période.

Réussir l’examen ne donne pas immédiatement les mêmes droits qu’un conducteur expérimenté. Pendant ses premières années, le titulaire d’un permis probatoire dispose d’un capital de points réduit et doit respecter des limites plus strictes de vitesse et d’alcool.

La durée de cette période n’est pas la même pour tous. Elle dépend de la formation suivie avant l’examen, d’une éventuelle formation complémentaire après l’obtention du permis et surtout des infractions commises.

L’enjeu n’est donc pas de connaître tout le barème par cœur, mais de savoir quelles erreurs coûtent le plus cher à un conducteur qui ne dispose que de six points.

Qu’est-ce que le permis probatoire ?

C’est le régime qui s’applique pendant les premières années suivant l’obtention du permis de conduire.

Il concerne toute personne qui obtient un permis pour la première fois, quelle qu’en soit la catégorie, ainsi que le conducteur qui repasse l’examen après une invalidation ou une annulation judiciaire.

À l’inverse, un titulaire du permis B qui passe ensuite le permis moto A2 n’entre pas dans une nouvelle période probatoire, précise Service-Public.

Cette période ne se confond pas avec la durée de validité du titre inscrite sur la carte. Elle porte sur le nombre de points et sur certaines règles de conduite, pas sur le document lui-même.

Combien de temps dure la période probatoire ?

Trois ans dans le cas général, à compter de la date d’obtention du premier permis.

Elle est plus courte après l’apprentissage anticipé de la conduite, ou AAC, la conduite accompagnée possible dès 15 ans. Une formation complémentaire suivie après l’examen la réduit aussi :

ParcoursDurée de la période
Formation classique3 ans
Formation classique et formation complémentaire2 ans
Apprentissage anticipé de la conduite (AAC)2 ans
AAC et formation complémentaire1 an et 6 mois

Parmi les formules de conduite accompagnée, seul l’AAC réduit la durée. La conduite supervisée et la conduite encadrée ne raccourcissent pas la période de trois ans.

Combien de points a-t-on en période probatoire ?

Six points à l’obtention du permis, puis une majoration automatique, sans démarche, au terme de chaque année sans infraction. Selon Service-Public, la progression est la suivante :

MomentFormation classiqueAprès un AAC
Obtention du permis6 points6 points
Fin de la 1re année8 points9 points
Fin de la 2e année10 points12 points
Fin de la 3e année12 pointsPériode terminée

La formation complémentaire accélère le calendrier. En formation classique, le permis passe à 8 points au bout d’un an puis à 12 points au bout de deux ans. Après un AAC, il atteint 9 points au bout d’un an puis 12 points six mois plus tard.

La condition est stricte. L’article R223-1 du Code de la route n’accorde la majoration que si aucune infraction ayant donné lieu à retrait de points n’a été commise depuis le début de la période probatoire. Un seul point perdu la première année prive donc de toutes les majorations suivantes, même s’il est récupéré ensuite.

Le conducteur garde alors, à la fin de la période, le solde restant. Il retrouve 12 points après deux ans sans nouvelle infraction entraînant un retrait de points, ou trois ans si la dernière était un délit ou une contravention de 4e ou 5e classe.

Un stage volontaire permet aussi de récupérer jusqu’à 4 points par an. Le solde se consulte gratuitement avec le service en ligne Mes points permis.

Quelles limitations de vitesse pour un jeune conducteur ?

Elles sont plus basses que les limites générales sur les routes rapides. L’article R413-5 du Code de la route fixe les maximums suivants :

Type de routeAutres conducteursJeune conducteur
Autoroute130 km/h110 km/h
Route à chaussées séparées par un terre-plein central110 km/h100 km/h
Route limitée à 90 km/h90 km/h80 km/h
Autre route hors agglomération80 km/h80 km/h
Agglomération50 km/h50 km/h

Sur une section d’autoroute limitée en dessous de 130 km/h, le plafond est de 100 km/h, sauf si le panneau impose moins. Ces vitesses s’appliquent dès la conduite accompagnée : le même article vise aussi tout élève conducteur.

Elles constituent la vitesse maximale autorisée pour le conducteur concerné. Les dépasser est donc un excès de vitesse sanctionné selon le barème habituel, même si le panneau autorise davantage.

Quel taux d’alcool est autorisé en début de permis ?

0,2 g d’alcool par litre de sang, soit 0,10 mg par litre d’air expiré, contre 0,5 g/l pour les autres conducteurs.

La Sécurité routière rappelle que ce seuil peut être dépassé dès un seul verre. En pratique, la seule règle sûre consiste donc à ne pas boire du tout avant de conduire. La même limite s’applique pendant la conduite accompagnée, qu’elle soit anticipée, encadrée ou supervisée.

Selon la fiche Service-Public vérifiée le 27 août 2026, un taux compris entre 0,2 et 0,8 g/l est une contravention. Elle entraîne une amende forfaitaire de 135 €, un retrait de 6 points et, selon les cas, l’immobilisation du véhicule et une suspension du permis jusqu’à trois ans.

À partir de 0,8 g/l, il s’agit d’un délit. L’article L234-1 du Code de la route le punit de trois ans d’emprisonnement et de 9 000 € d’amende, avec 6 points retirés. Ces plafonds ont été relevés par la loi du 9 juillet 2025 sur l’homicide routier.

Important

La première année, le permis ne compte que 6 points. Une seule contravention pour alcool, qui en retire 6, suffit donc à l’invalider : il faut alors attendre six mois pour obtenir un nouveau permis, être reconnu apte par un examen médical à ses frais et repasser le code et la conduite.

Le disque A est-il obligatoire ?

Oui, pendant toute la période probatoire.

Le Code de la route impose d’apposer à l’arrière du véhicule, de façon visible, un signe distinctif : un A rouge dans un cercle blanc, selon la Sécurité routière. L’obligation vaut aussi pour l’élève en conduite accompagnée.

Son absence est une contravention de 2e classe, soit une amende forfaitaire de 35 €. Le texte ne prévoit pas de retrait de points. Le disque peut être retiré dès la fin de la période probatoire.

Que se passe-t-il en cas de perte de points ?

Tout dépend du nombre de points retirés. Service-Public distingue quatre situations :

Points retirésConséquence
1 pointRécupéré après 6 mois sans nouvelle infraction
2 pointsStage de récupération possible, mais facultatif
3 points ou plusStage obligatoire dans les 4 mois
Totalité du soldePermis invalidé

Dans tous les cas, les majorations annuelles s’arrêtent jusqu’à la fin de la période.

Deux infractions commises en même temps s’additionnent, dans la limite de 8 points. Un téléphone tenu en main et une ceinture non bouclée coûtent par exemple 3 points chacun, soit la totalité du capital de départ.

Le retrait n’intervient qu’une fois l’infraction établie, notamment par le paiement de l’amende. Avant de régler un avis qui vous paraît erroné, vérifiez donc s’il est possible de contester l’avis de contravention.

Le stage obligatoire à partir de 3 points

Le retrait est notifié par lettre recommandée, dite lettre 48N. Elle impose de suivre un stage de sensibilisation à la sécurité routière dans les quatre mois suivant sa réception. Service-Public précise qu’il faut attendre cette lettre avant de s’inscrire.

Le stage dure deux jours consécutifs et rend jusqu’à 4 points, dans la limite du plafond du permis probatoire. Son prix est libre : Service-Public indique en septembre 2026 un prix moyen de 200 €.

Suivi dans le délai, il permet de demander le remboursement de l’amende liée à l’infraction, dans les 15 jours ouvrables suivant la fin du stage. Ne pas le suivre expose à une contravention de 4e classe, soit une amende de 135 € selon Service-Public, et à une suspension du permis jusqu’à trois ans.

L’invalidation quand le solde tombe à zéro

Le permis perd sa validité et doit être remis au préfet. Il n’est alors plus possible de conduire, ni de suivre un stage pour récupérer des points.

Selon l’article L223-5 du Code de la route, il faut attendre six mois avant d’obtenir un nouveau permis, un an en cas de nouvelle invalidation dans les cinq ans. Il faut aussi être reconnu apte après un examen médical à ses frais.

Le conducteur repasse le code et l’épreuve pratique, qu’il peut présenter sans attendre la fin de ce délai, précise Service-Public. Il repart ensuite avec un nouveau permis probatoire à 6 points.

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Peut-on raccourcir la période probatoire ?

Oui, de deux façons : l’AAC avant l’examen, qui ramène la période à deux ans, et la formation complémentaire après l’obtention du permis.

Cette formation réduit la période d’un an, ou de six mois après un AAC. Elle suppose de remplir plusieurs conditions :

  • être titulaire d’un premier permis ;
  • la suivre entre le 6e et le 12e mois après l’obtention du permis ;
  • s’adresser à une auto-école ou à une association titulaire du label « qualité » ;
  • assister aux 7 heures de formation, réparties sur une seule journée, pour obtenir l’attestation ;
  • ne commettre aucune infraction entraînant un retrait de points, une suspension ou une restriction du droit de conduire pendant la période.

La formation est surtout intéressante après une formation classique : elle avance d’un an le passage à 12 points.

Loi du 18 août 2026 : qu’est-ce qui change pour les jeunes conducteurs ?

La loi du 18 août 2026, dite loi Ripost, devait sanctionner la conduite d’un véhicule trop puissant pendant la période probatoire. Le texte voté au Parlement prévoyait un an d’emprisonnement et 15 000 € d’amende au-delà d’un seuil de puissance fixé par voie réglementaire.

Le Conseil constitutionnel a censuré cette mesure le 14 août 2026 (décision nº 2026-915 DC), avant la promulgation. Il a jugé que la loi ne pouvait pas laisser au pouvoir réglementaire le soin de fixer ce seuil, qui est un élément de l’infraction.

Une autre disposition subsiste. Depuis le 20 août 2026, l’article L317-10 du Code de la route interdit de louer en courte durée, pendant la période probatoire, un véhicule dont la puissance dépasse un seuil réglementaire. La sanction vise le loueur. Service-Public précise toutefois qu’un texte doit encore fixer ce seuil : d’ici là, l’interdiction ne peut pas s’appliquer.

En septembre 2026, aucune limite de puissance ne s’applique donc au volant de sa propre voiture. La puissance pèse en revanche directement sur le prix de l’assurance d’un jeune conducteur. Un modèle peu puissant et simple à assurer reste le choix le plus prudent pour une première voiture.

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Permis probatoire : les règles à retenir

Pendant toute la période, trois règles changent par rapport aux autres conducteurs : la vitesse sur les routes rapides, le taux d’alcool et le disque A.

Le vrai risque reste toutefois le capital de points. Avec 6 points la première année, deux infractions courantes peuvent suffire à perdre le permis, et un seul retrait bloque la progression vers 12 points.

Consultez régulièrement votre solde, contestez un avis erroné avant de le payer et, si une lettre 48N arrive, réservez le stage sans attendre la fin des quatre mois. Au volant, retenez surtout 110 km/h sur autoroute, aucun verre avant de conduire et le disque A bien visible.