L’essentiel à retenir

  • La France refuse pour le moment d’autoriser le Tesla FSD dans sa configuration actuelle.
  • Le gouvernement estime que le système peut dépasser les limitations de vitesse.
  • La surveillance de l’attention du conducteur est également jugée insuffisante dans certaines situations complexes.
  • Le FSD reste une aide à la conduite supervisée : le conducteur demeure responsable.
  • La France souhaite malgré tout permettre l’arrivée de véhicules autonomes homologués dès 2027.

Le Full Self-Driving de Tesla ne sera pas autorisé en France dans sa forme actuelle. Interrogé sur la plateforme gouvernementale Agora, le ministre des Transports Philippe Tabarot a confirmé que les garanties de sécurité du système étaient encore jugées insuffisantes.

Ce refus n’est cependant pas définitif. Les autorités françaises poursuivent leurs échanges avec Tesla et plusieurs pays européens afin d’étudier les ajustements nécessaires à un futur déploiement.

Des problèmes de vitesse pointés par le gouvernement

Pour justifier cette décision, le ministre des Transports évoque notamment le comportement du FSD face aux limitations de vitesse.

Selon les données analysées par les autorités françaises, le système pourrait adapter son allure à celle des véhicules environnants, même lorsque ces derniers roulent trop vite. Philippe Tabarot donne l’exemple d’une voiture pouvant circuler à 70 km/h dans une zone limitée à 50 km/h sans demande explicite du conducteur.

Dans certaines situations, le dépassement pourrait atteindre jusqu’à 50 % de la vitesse autorisée. Pour le gouvernement, ce comportement n’est pas compatible avec le respect du Code de la route français.

La vigilance du conducteur pose également question

Le second point de blocage concerne la capacité du système à maintenir l’attention du conducteur.

Le FSD peut prendre en charge l’accélération, le freinage, les changements de direction ou encore le passage de certaines intersections. Mais son utilisateur doit rester constamment vigilant et prêt à intervenir.

Les autorités françaises considèrent que le dispositif ne garantit pas encore un niveau d’attention suffisant en ville et lors de manœuvres complexes, comme les changements de voie, les ronds-points ou les passages d’intersection.

Cette question est essentielle : plus une voiture paraît autonome, plus le conducteur risque de relâcher sa vigilance, alors qu’il reste juridiquement responsable de la conduite du véhicule.

Le Tesla FSD n’est pas une conduite 100 % autonome

Malgré son nom, le Full Self-Driving proposé actuellement par Tesla ne transforme pas la voiture en véhicule totalement autonome.

Il s’agit d’un système d’assistance de niveau 2. Le conducteur doit surveiller la route, conserver la maîtrise du véhicule et pouvoir reprendre la main à tout moment. La réglementation internationale sur les systèmes DCAS précise elle aussi que ces technologies assistent le conducteur sans prendre en charge l’intégralité de la conduite.

Tesla reconnaît d’ailleurs que ses fonctionnalités actuelles ne rendent pas ses véhicules autonomes. Sur son site français, la marque rappelle que leur utilisation nécessite un conducteur vigilant et prêt à intervenir.

Bon à savoir

La France ne refuse pas aujourd’hui une voiture capable de circuler entièrement seule. Elle refuse l’autorisation d’une aide à la conduite très avancée, mais qui laisse toute la responsabilité au conducteur.

Une autorisation accordée par dérogation aux Pays-Bas

Les Pays-Bas ont choisi d’autoriser le système sur leur territoire en dérogeant au cadre réglementaire international et européen. La France ne souhaite pas suivre cette voie tant que les problèmes identifiés n’ont pas été corrigés.

Des échanges techniques se poursuivent néanmoins entre les autorités françaises, les Pays-Bas, d’autres États européens et Tesla. Un représentant du ministère français des Transports s’est notamment rendu aux Pays-Bas pour approfondir l’analyse du système.

En France, la version complète du Full Self-Driving n’est actuellement pas disponible à l’achat. Tesla organise toutefois des démonstrations depuis le siège passager afin de faire découvrir son fonctionnement en conditions réelles.

La France ne ferme pas la porte à la conduite autonome

Le gouvernement assure soutenir le développement des nouvelles technologies automobiles, mais souhaite avancer progressivement.

Plus de 200 expérimentations de véhicules autonomes ont été menées en France depuis 2015. L’objectif annoncé est désormais de permettre l’arrivée de premiers véhicules autonomes homologués dès 2027.

Le refus opposé à Tesla est donc provisoire et concerne uniquement le FSD dans sa configuration actuelle. Une évolution du système, notamment sur le respect des limitations de vitesse et la surveillance du conducteur, pourrait ouvrir la voie à une future autorisation.