L’essentiel à retenir

  • BYD travaille avec EDF pour valoriser des Certificats d’économies d’énergie (CEE).
  • La prime atteint actuellement 365 € pour un particulier et 555 € pour une société.
  • Elle concerne les modèles 100 % électriques BYD éligibles à l’opération.
  • Elle est directement intégrée dans certaines offres de financement BYD.
  • Ce n’est pas la grosse prime “Coup de pouce” de plusieurs milliers d’euros réservée aux véhicules respectant notamment un score environnemental.
  • La polémique vient principalement du fait qu’EDF est détenu par l’État alors que plusieurs BYD fabriquées en Chine ne remplissent pas les critères environnementaux des principales aides françaises.
  • Le gouvernement a fait savoir qu’il souhaitait que le partenariat ne soit pas reconduit après 2026.

Depuis début septembre 2026, les voitures électriques BYD bénéficient en France d’une prime CEE de 365 € pour les particuliers et de 555 € pour les entreprises, grâce à un accord avec EDF.

Sur le papier, il s’agit simplement d’utiliser le mécanisme des Certificats d’économies d’énergie pour réduire légèrement le prix d’une voiture électrique. Mais le choix d’EDF, entreprise détenue à 100 % par l’État français, de travailler avec le constructeur chinois BYD a provoqué plusieurs réactions politiques. Le gouvernement a depuis demandé que l’accord ne soit pas reconduit au-delà de cette année, selon plusieurs

Que prévoit exactement l’accord entre BYD et EDF ?

BYD a annoncé le dispositif le 4 septembre 2026 dans le cadre de ses nouvelles offres commerciales françaises.

EDF permet au constructeur de valoriser l’achat ou la location de ses voitures électriques dans le cadre du système des CEE. En échange, une aide financière est reversée au client.

Pour un particulier, le montant annoncé est actuellement de :

365 €

Pour une entreprise :

555 €.

Chez BYD, les 365 € sont par exemple directement déduits du premier loyer de certaines LLD.

Pour une Dolphin Surf Boost proposée en septembre :

  • premier loyer initial : 1 865 € ;
  • prime CEE : 365 € ;
  • premier loyer après prime : 1 500 € ;
  • puis 48 mensualités de 209 €.

Le même principe est utilisé sur l’Atto 2, l’Atto 3 EVO, la Dolphin, la Seal, le Seal U, le Sealion 7 ou encore le Tang.

Pourquoi EDF verse-t-il de l’argent pour acheter une voiture ?

Parce qu’EDF fait partie des entreprises soumises au système des Certificats d’économies d’énergie.

Depuis 2006, les fournisseurs d’énergie doivent atteindre des objectifs d’économies d’énergie imposés par les pouvoirs publics. Pour y parvenir, ils peuvent notamment financer des actions permettant de réduire la consommation d’énergie : rénovation des logements, chauffage plus performant ou, désormais, électrification des transports.

Lorsqu’EDF finance une opération éligible, l’entreprise obtient en retour des certificats qui lui permettent de remplir ses obligations réglementaires.

Le partenariat avec BYD est donc avant tout une manière pour EDF de générer des CEE en finançant l’achat de véhicules électriques.

EDF explique d’ailleurs qu’il répond aux consultations qui lui sont adressées pour la production de CEE et qu’il avait répondu à une sollicitation de BYD dès décembre 2025.

Ce n’est pas exactement le “bonus écologique”

C’est un point important car plusieurs articles mélangent les deux mécanismes.

Depuis juillet 2025, l’ancienne aide appelée bonus écologique a elle aussi été intégrée au système des CEE sous le nom de “Coup de pouce véhicules particuliers électriques”.

Cette aide peut atteindre plusieurs milliers d’euros en 2026, mais elle impose notamment :

  • un véhicule neuf 100 % électrique ;
  • un prix inférieur à 47 000 € ;
  • une masse inférieure à 2,4 tonnes ;
  • surtout, un score environnemental minimum.

La petite prime BYD de 365 € n’est pas cette aide de plusieurs milliers d’euros.

C’est une valorisation CEE plus classique qui permet justement à certaines voitures électriques non éligibles au “Coup de pouce” principal de bénéficier malgré tout d’une aide beaucoup plus modeste.

Pourquoi les BYD n’ont-elles pas droit à la grosse aide ?

Plusieurs modèles BYD commercialisés actuellement en France sont fabriqués en Chine.

Le calcul français du score environnemental ne regarde pas uniquement les émissions à l’échappement. Il tient compte de l’empreinte liée à la fabrication du véhicule, de la batterie, des matériaux et du transport.

L’ADEME indique par exemple que les BYD Dolphin, Dolphin Surf et Seal actuellement référencées n’atteignent pas le score environnemental nécessaire pour bénéficier de l’aide principale.

C’est précisément ce contraste qui est au cœur de la polémique : les principales aides françaises ont été conçues pour favoriser les véhicules ayant une empreinte industrielle et environnementale plus compatible avec les critères européens, tandis qu’une autre partie du système CEE permet malgré tout de verser quelques centaines d’euros sur des BYD.

Pourquoi le partenariat fait-il autant polémique ?

La première raison tient au statut d’EDF.

L’entreprise est détenue à 100 % par l’État français. Plusieurs responsables politiques considèrent donc qu’elle ne devrait pas contribuer commercialement au développement en France d’un constructeur chinois concurrent direct de groupes automobiles européens.

Le député Sacha Houlié a notamment critiqué le fait qu’une entreprise détenue par l’État puisse aider un industriel étranger face aux constructeurs européens. La sénatrice Marie-Claire Carrère-Gée a également contesté le partenariat et le financement de BYD via les CEE.

Le ministre de l’Industrie Sébastien Martin a ensuite échangé avec le PDG d’EDF Bernard Fontana. Selon les informations rapportées par Les Échos et reprises par plusieurs médias, le gouvernement souhaite que l’accord ne soit pas reconduit à la fin de l’année 2026.

Il n’a toutefois pas été annoncé que les primes actuellement proposées seraient supprimées immédiatement.

Est-ce vraiment de “l’argent public” ?

La réponse mérite d’être nuancée.

EDF appartient bien entièrement à l’État, mais une prime CEE n’est pas une subvention versée directement depuis le budget de l’État comme pourrait l’être une dépense publique classique.

Le système oblige les fournisseurs d’énergie à financer des économies d’énergie. EDF doit donc supporter un certain coût pour obtenir les certificats nécessaires au respect de ses obligations.

EDF explique également que le coût des CEE constitue une composante des prix de fourniture de l’électricité et du gaz. Autrement dit, le dispositif est financé économiquement par les fournisseurs d’énergie et peut être répercuté dans leurs tarifs.

Dire simplement que “l’État donne 365 € à BYD” serait donc inexact.

La controverse porte plutôt sur le fait qu’une entreprise publique utilise ses obligations CEE dans le cadre d’un partenariat commercial avec un constructeur chinois.

EDF travaille-t-il seulement avec BYD ?

Non.

Le recours aux énergéticiens pour financer les primes CEE automobiles est courant.

EDF avait par exemple déjà noué un partenariat avec Volkswagen Group France pour accompagner les clients de véhicules électriques et proposer différentes solutions liées à l’énergie et à la recharge.

D’autres constructeurs travaillent également avec différents énergéticiens pour valoriser leurs CEE.

EDF explique d’ailleurs qu’il répond aux demandes des acteurs souhaitant travailler avec lui sur la production de certificats. Selon les informations publiées autour de la polémique, des discussions ont également existé avec des groupes automobiles européens.

La différence dans le cas BYD est donc surtout le contexte industriel européen et l’origine chinoise d’une grande partie des véhicules actuellement vendus en France, qui ont rendu le partenariat politiquement beaucoup plus sensible.

La situation pourrait changer avec les BYD fabriquées en Europe

BYD ne compte pas éternellement importer toutes ses voitures depuis la Chine.

Le constructeur développe actuellement sa production européenne, notamment avec son usine de Szeged en Hongrie, et prévoit d’autres implantations sur le continent. BYD estime à terme avoir besoin de trois usines d’assemblage et d’une usine de batteries en Europe.

Cette production locale pourrait modifier l’éligibilité de certains futurs modèles aux dispositifs français et européens.

Il faudra toutefois examiner chaque voiture individuellement : une production européenne ne suffit pas forcément, car les critères peuvent également prendre en compte l’origine et la fabrication de la batterie.

Qu’est-ce que cela change si vous achetez une BYD aujourd’hui ?

Pour un particulier, la polémique ne change pour l’instant rien aux offres actuellement affichées par BYD.

La marque continue au 17 septembre 2026 à annoncer une prime CEE de 365 €, directement utilisée pour réduire le prix ou le premier loyer de ses modèles électriques concernés.

Il faut simplement distinguer cette aide des dispositifs beaucoup plus importants :

AideBYD concernée ?Montant
Prime CEE via EDFOui, selon conditions365 € particulier
Prime CEE entrepriseOui, selon conditions555 €
Coup de pouce véhicule électriqueSeulement si critères remplisJusqu’à plusieurs milliers d’euros
Bonus production européenneNécessite les critères européensSelon véhicule

Pour un acheteur, l’aide EDF reste donc une remise relativement limitée de quelques centaines d’euros. Le véritable enjeu des prochains mois sera de savoir si l’accord EDF-BYD s’arrête effectivement fin 2026 et quel énergéticien, le cas échéant, prendra ensuite en charge les CEE proposés par BYD.