L’essentiel à retenir
- Le radar est installé depuis le 24 août 2026.
- Il se trouve sur le périphérique extérieur, à la Porte de Montreuil.
- Il contrôle les véhicules allant vers la Porte de Bagnolet.
- La portion est actuellement limitée à 30 km/h en raison des travaux.
- Il s’agit d’un radar autonome, aussi appelé radar de chantier.
- Une marge technique de 5 km/h s’applique sous 100 km/h pour déterminer la vitesse retenue.
- 40 millions d’automobilistes a compté 18 flashs en 4 min 39 s.
- Aucune date officielle de retrait du radar n’est actuellement annoncée.
Installé depuis le 24 août 2026, un nouveau radar fait beaucoup parler de lui sur le boulevard périphérique parisien. La raison est simple : alors que l’anneau parisien est normalement limité à 50 km/h, la portion qu’il contrôle est temporairement limitée à seulement 30 km/h en raison des travaux de la Porte de Montreuil.
En quelques jours, le radar autonome a acquis une certaine réputation. L’association 40 millions d’automobilistes affirme avoir observé 18 flashs en seulement 4 minutes et 39 secondes, soit un rythme théorique de plus de 230 flashs par heure. Mais entre le nombre de flashs, les PV effectivement établis et les sommes réellement encaissées par l’État, il faut distinguer plusieurs choses.
Où se trouve exactement le radar ?
Le radar est installé sur le boulevard périphérique extérieur, juste après le passage sous le rond-point de la Porte de Montreuil, dans le 20e arrondissement.
L’Argus le situe précisément au point kilométrique 30,960, près du séparateur central. L’appareil photographie par l’arrière les véhicules circulant de la Porte de Montreuil vers la Porte de Bagnolet.
Il s’agit d’un radar autonome, communément appelé radar de chantier. Contrairement à une cabine fixe traditionnelle, ce type de dispositif est conçu pour être déplacé en fonction de l’évolution des travaux.
Sa présence est liée à la transformation en profondeur de la Porte de Montreuil. Le vaste rond-point doit progressivement laisser place à une grande place végétalisée reliant davantage Paris, Montreuil et Bagnolet. La première grande phase de travaux doit se poursuivre jusqu’en 2027, tandis que l’ensemble du projet s’étale jusqu’en 2030.
Pourquoi cette portion du périphérique est-elle limitée à 30 km/h ?
Depuis octobre 2024, la vitesse maximale est normalement fixée à 50 km/h sur le périphérique parisien.
La Porte de Montreuil fait temporairement exception. Les travaux modifient la circulation autour de la place et réduisent l’espace disponible dans le secteur. La limitation a donc été abaissée localement à 30 km/h.
Ce point est important : le radar n’est pas réglé à 30 km/h sur une route qui resterait officiellement limitée à 50. La limitation réglementaire dans la zone contrôlée est bien de 30 km/h.
Le changement peut néanmoins surprendre les conducteurs qui viennent de parcourir plusieurs kilomètres sur un périphérique limité à 50 km/h, en particulier lorsqu’ils connaissent mal le secteur.
À quelle vitesse reçoit-on réellement une amende ?
La limite autorisée est 30 km/h. Mais la vitesse affichée sur le panneau ne doit pas être confondue avec la vitesse retenue pour établir la contravention.
Pour les radars fixes et autonomes utilisés à l’arrêt, une marge technique de 5 km/h est retranchée lorsque la vitesse mesurée est inférieure à 100 km/h.
Concrètement :
| Vitesse mesurée par le radar | Vitesse retenue |
|---|---|
| 30 km/h | 25 km/h |
| 32 km/h | 27 km/h |
| 35 km/h | 30 km/h |
| 36 km/h | 31 km/h |
| 40 km/h | 35 km/h |
Une voiture mesurée à 35 km/h aurait donc une vitesse retenue de 30 km/h. À 36 km/h mesurés, la vitesse retenue passe à 31 km/h et dépasse alors la limitation.
Cela ne signifie évidemment pas que la route est « limitée à 35 km/h ». La limite reste 30 km/h. La marge existe uniquement pour tenir compte de l’incertitude technique de mesure.
Il faut également distinguer le flash du PV : le déclenchement de l’appareil ne signifie pas nécessairement qu’une contravention sera automatiquement envoyée. Les mesures sont traitées avant verbalisation.
Plus de 200 flashs par heure, vraiment ?
C’est le chiffre qui a fait connaître ce radar, mais il mérite d’être remis dans son contexte.
Le 2 septembre 2026, 40 millions d’automobilistes s’est rendu sur place pour compter les déclenchements du radar. L’association affirme avoir observé 18 véhicules flashés en 4 minutes et 39 secondes.
En extrapolant ce rythme sur une heure, on obtient environ 232 flashs.
Et en prolongeant encore le calcul sur 24 heures, cela représenterait environ 5 574 flashs par jour.
C’est précisément sur cette extrapolation que l’association s’appuie pour dénoncer une « machine à cash ».
Le calcul est mathématiquement correct, mais il ne permet pas de connaître l’activité réelle quotidienne du radar. L’observation n’a duré que 4 minutes et 39 secondes, alors que le trafic du périphérique varie énormément selon l’heure, les bouchons, la nuit ou le week-end.
Un périphérique congestionné à 15 ou 20 km/h générera évidemment beaucoup moins d’excès qu’une période où la circulation est fluide.
Rapporte-t-il vraiment plus de 750 000 € par jour ?
Là encore, non : ce n’est pas une recette constatée.
40 millions d’automobilistes a multiplié son estimation de 5 574 infractions quotidiennes par une amende forfaitaire de 135 €. Le calcul donne environ 752 000 € par jour. Sur un an, la projection dépasserait même largement 200 millions d’euros.
Mais ce montant suppose que le rythme observé pendant quelques minutes se maintienne jour et nuit et que chaque flash débouche sur une amende de 135 € effectivement encaissée.
Ce n’est pas le cas.
Le montant de 752 000 € doit donc être compris comme une projection utilisée par l’association pour illustrer le nombre de déclenchements, et non comme les recettes réelles du radar.
À ce jour, aucune donnée officielle ne permet de connaître le nombre exact de PV envoyés depuis sa mise en service ni ce qu’il a réellement rapporté à l’État.
Quelle amende en cas d’excès de vitesse ?
Sur cette portion urbaine limitée à 30 km/h, un excès inférieur à 20 km/h après application de la marge entraîne normalement une amende forfaitaire de 135 €. Les contraventions de quatrième classe sont bien associées à ce montant forfaitaire.
Depuis 2024, les très petits excès ne provoquent cependant plus systématiquement de retrait de point.
Lorsque le dépassement de la vitesse retenue est inférieur à 5 km/h, l’amende reste due mais aucun point n’est retiré. À partir de 5 km/h de dépassement et jusqu’à moins de 20 km/h, le conducteur perd généralement un point.
Par exemple, si le radar mesure 36 km/h :
36 km/h mesurés → 31 km/h retenus → dépassement de 1 km/h.
L’automobiliste peut donc être verbalisé, mais sans retrait de point.
Depuis quand fonctionne ce radar ?
Le radar a été installé et mis en service le lundi 24 août 2026. Sa présence a rapidement été repérée par les automobilistes et relayée sur les réseaux sociaux avant de faire l’objet de plusieurs articles dans la presse à partir du 30 août.
Quelques jours plus tard, le comptage effectué par 40 millions d’automobilistes a encore amplifié la polémique.
L’association réclame désormais son retrait ainsi que l’annulation ou le remboursement des contraventions déjà établies. Cela reste toutefois à ce stade une demande de l’association, et non une décision des autorités.
Jusqu’à quand le radar restera-t-il Porte de Montreuil ?
Aucune date officielle de retrait n’est actuellement connue.
Il ne faut surtout pas déduire de la durée du chantier que le radar restera exactement au même endroit jusqu’en 2030.
La Ville de Paris indique que la première phase de circulation liée au réaménagement de la Porte de Montreuil s’étend jusqu’en juin 2027, puis que d’autres étapes se succéderont jusqu’en 2030.
Comme il s’agit d’un radar autonome, l’appareil peut être déplacé ou retiré lorsque l’organisation du chantier évolue. La limitation à 30 km/h peut elle aussi être modifiée en fonction des prochaines phases.
Pour l’instant, les automobilistes circulant sur le périphérique extérieur vers Bagnolet doivent donc continuer à tenir compte de la limitation temporaire à 30 km/h au niveau de la Porte de Montreuil, indépendamment de la polémique autour du nombre particulièrement élevé de flashs.


